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Appel à communications
L'appel à communications est clos


Expérimentations et changements institutionnels : comment agir sur l’avenir du travail et de l’emploi ?


Colloque international du CRIMT 2015


Il est largement admis que les institutions régulant le travail et l’emploi sont, à travers le monde et à divers degrés, soumises à des changements incessants. À bien des égards, elles ne sont plus en phase avec les nouvelles réalités du marché du travail : elles ne parviennent pas à répondre aux défis de la crise financière mondiale et aux transformations profondes du capitalisme et elles ne semblent plus en mesure de satisfaire aux besoins des travailleurs et des communautés dans lesquelles ils vivent. Confrontés à pareils défis, les acteurs étatiques, patronaux, syndicaux et de la société civile cherchent à préserver les institutions existantes et à en expérimenter de nouvelles. De telles expérimentations se déroulent aux niveaux local, sectoriel, régional, national et transnational et impliquent la création de normes, pratiques et politiques qui visent à répondre aux nouvelles exigences du monde du travail et de l’emploi. Ces processus de changement institutionnel sont inégaux et contestés et produisent des résultats tantôt positifs, tantôt négatifs : ils creusent ou réduisent les inégalités, détériorent ou améliorent les conditions de travail, augmentent ou diminuent les asymétries de pouvoir entre les acteurs, sont plus ou moins inclusifs, démocratiques et participatifs.

Ce colloque est consacré aux changements qui affectent, dans divers contextes, les institutions du travail et de l’emploi. Il cherche à améliorer notre compréhension des pratiques et des politiques novatrices que met en œuvre une variété d’acteurs à différents niveaux, et à évaluer leurs impacts sociaux et économiques. L’objectif est également de comprendre comment les institutions existantes facilitent ou entravent le changement ainsi que comment et pourquoi certaines institutions perdurent dans le temps, pendant que d’autres disparaissent graduellement. Une attention particulière sera portée au développement de pratiques, normes et mécanismes novateurs, ainsi qu’aux capacités et ressources qui permettent d’agir sur la régulation du travail et de l’emploi. Les organisateurs du colloque sont particulièrement intéressés par les propositions permettant une analyse multiniveaux ou comparative des modes de régulation économique et sociale qui assurent le bien-être des salariés, la pérennité des organisations et une meilleure intégration des personnes traditionnellement exclues des institutions du travail et de l’emploi. Ils recherchent également des contributions qui évaluent les interrelations complexes et mouvantes entre les acteurs et les institutions, et qui analysent le rôle et l’importance des capacités et des ressources des acteurs dans les processus d’expérimentation institutionnelle.

Cet appel à communications invite les universitaires et les acteurs du monde du travail à soumettre des propositions originales sur l’un ou plusieurs des thèmes suivants :


1. État, concurrence de régimes et choix politiques


Ce thème s’intéresse aux variations observées dans les politiques publiques en réponse à l’augmentation de la concurrence, de l’incertitude et des inégalités. Il s’attarde à différentes initiatives politiques et à leurs effets sur le monde du travail (austérité ou investissement social, réduction ou augmentation du risque, augmentation ou diminution des possibilités qui s’offrent aux individus) ; à la marge de manœuvre dont disposent les États pour faire des choix politiques ; à la façon dont les gouvernements, à différents niveaux et dans un contexte de gouvernance multiniveaux, sont contraints ou cherchent à maintenir les institutions existantes du travail et de l’emploi et s’engagent dans des expérimentations institutionnelles.


2. Institutions articulées ou désarticulées, interconnectées ou dissociées

Ce thème porte sur la relation entre les institutions du travail et de l’emploi et d’autres champs institutionnels qui affectent le monde du travail : l’organisation de la production, les systèmes financiers et politiques, les médias, les systèmes éducatif et de santé, la famille, etc. Il explore des questions telles que la financiarisation de l’économie, la restructuration de l’État, la gouvernance multiniveaux et le réchauffement climatique. Il vise à mieux comprendre la désarticulation et la reconnexion de différents domaines institutionnels et ce que cela implique sur le plan de la régulation du travail et de l’emploi.


3. Des institutions favorisant l’inclusion et la participation

Les institutions relatives à la régulation du travail ont tendance à favoriser certains statuts ou certaines positions sociales tout en en excluant d’autres. Ce thème cherche à apporter un éclairage sur la façon dont les changements qui affectent ces institutions peuvent favoriser l’inclusion ou encore engendrer certaines formes d’exclusion. Les positions sociales touchées par les changements institutionnels visés peuvent avoir trait au genre, aux groupes racialisés, aux travailleurs migrants, aux personnes défavorisées, à l’orientation sexuelle, aux nouveaux groupes professionnels, etc… Le défi principal consiste à concevoir des institutions et des processus qui sont réellement inclusifs et qui reflètent la diversité des positions sociales dans lesquelles se retrouvent les travailleurs.


4. Organisations collectives des travailleurs et expérimentation institutionnelle

Ce thème explore la façon dont les institutions, existantes ou émergentes, redessinent le rôle des syndicats et celui d’autres organisations de travailleurs. Une question centrale est de savoir comment les institutions élargissent, ou non, les répertoires d’action des organisations et favorisent ou freinent le développement de nouvelles ressources et capacités. Il s’agit aussi de comprendre le rôle que jouent les syndicats dans le maintien et le développement des institutions, et en quoi cela leur permet de contribuer à l’amélioration du bien-être des travailleurs et de la société.


5. Entreprises multinationales (EMN) et chaînes de valeur mondiales (CVM)

Les EMN influencent les dynamiques de la mondialisation non seulement via le contrôle direct de leurs réseaux mondiaux de production, mais aussi en raison de leur capacité à promouvoir des politiques favorisant ou non le changement économique et social. Ce thème examine comment les stratégies des EMN façonnent les institutions et sont, à leur tour, affectées par elles. Il cherche aussi à comprendre le rôle que jouent les EMN et les différents acteurs au sein de ces entreprises, à différents niveaux, dans les processus de transformation, de maintien et de création des institutions en matière de travail et d’emploi.


6. Agencements institutionnels nationaux et dynamiques sociales du travail

Ce thème cherche à comprendre comment – dans divers contextes institutionnels – différentes catégories d’acteurs se saisissent d’enjeux tels que les retraites, le temps de travail, la flexibilité, l’environnement, et comment des agencements institutionnels particuliers influent sur les risques sociaux, les choix et les possibilités de vie, la qualité des emplois ainsi que sur les performances sociétales, sociales et économiques. Certains arrangements institutionnels produisent-ils des résultats différents, en meilleur ou en pire? Existe-t-il des avantages institutionnels comparés ? L’objectif est d’explorer en quoi les institutions nationales, y compris celles dédiées à la négociation collective, sont modifiées et influent sur la régulation du travail.


7. Acteurs et institutions pour la gouvernance régionale et sectorielle

Ce thème est centré sur l’analyse des différentes formes de gouvernance régionales et sectorielles et sur l’influence qu’elles exercent sur les stratégies des acteurs à l’égard d’enjeux tels que la formation professionnelle, les restructurations, les dé- et les relocalisations ainsi que le développement économique et social. Il s’intéresse à la nature des relations entre différentes catégories d’acteurs (associations d’employeurs, syndicats, entreprises, agences de développement économique, fonds d’investissement, autres organisations de la société civile, etc.), aux formes d’expérimentations dans lesquelles ils s’engagent, à la façon dont ils mobilisent les leviers institutionnels et à l’espace que cela ouvre aux communautés afin d’agir sur leur avenir économique et social.


8. Normes internationales du travail

Par ce thème, il s’agit de comprendre en quoi l’émergence de nouvelles normes internationales du travail, de même que la mobilisation des normes existantes, sont susceptibles d’améliorer, au Nord comme au Sud, les conditions de travail, l’égalité des chances et la participation et la prise de parole des salariés dans l’entreprise. Sont visés, notamment, le dialogue judiciaire entre normes nationales et internationales, de même que les phénomènes d’hybridation entre le droit souple et le droit dur (soft law versus hard law), puis entre les mécanismes public et privé d’application des normes internationales du travail (instruments de responsabilité sociale et codes de gouvernance des entreprises, accords-cadres internationaux, normes universelles).


9. Commerce multilatéral et émergence du régionalisme social

Ce thème s’intéresse aux nombreuses strates de régulation issues de la construction de normes et de cadres sociaux à divers niveaux de gouvernance. Sont visés tout particulièrement l’OMC, les accords commerciaux régionaux et bilatéraux réciproques ou préférentiels (par exemple : UE, ALENA, MERCOSUR, CARICOM, SADC, accords de partenariat européens, projets d’accords de libre-échange UE-Canada, transatlantique et transpacifique) ainsi que les traités d’investissement bilatéraux et les modèles d’accords d’investissement. Il porte sur les possibilités d’expérimenter de nouveaux équilibres entre le social et l’économique (à, et entre différents niveaux de gouvernance) et de dépasser les asymétries fondamentales - à l’intérieur et entre les régions - en matière d’enjeux économiques, sociaux et environnementaux.


Pour soumettre une proposition


Cet appel à communications s’adresse à des chercheurs (y compris doctorants), aux décideurs politiques, aux praticiens du marché du travail et à toute autre personne intéressée. Ils sont invités à soumettre une proposition de communication originale ou d’organisation d’un atelier (en anglais ou en français) portant sur un ou plusieurs des thèmes évoqués, ou sur leurs articulations. Les propositions peuvent être théoriques, analytiques, empiriques ou encore orientées vers les politiques publiques.

Le comité scientifique et de coordination est intéressé par des propositions comportant une contribution théorique et conceptuelle, des recherches empiriques originales, ainsi que par des études sur des expérimentations et innovations institutionnelles susceptibles d’infléchir l’avenir du travail et de l’emploi. Seront particulièrement bienvenues les contributions qui dégagent des perspectives institutionnelles, qui intègrent des analyses multiniveaux, comparatives ou interdisciplinaires, ou qui offrent une base normative solide pour des choix politiques et la promotion de résultats positifs pour les employés et leurs organisations comme pour les familles et les collectivités.

Nous encourageons fortement les propositions suivantes : ateliers thématiques (quatre communications ou trois communications et un commentaire de discutant) ; symposiums (deux ateliers ou plus portant sur un thème commun) ; ateliers comprenant des panels constitués d’acteurs du marché du travail en même temps que de chercheurs (quatre ou cinq participants).

Les propositions seront soumises à l'évaluation d'un comité de pairs. Nous veillerons à donner notre réponse dans les meilleurs délais afin que le financement nécessaire à la participation au colloque puisse être mobilisé. Tous les participants doivent assurer eux-mêmes le paiement des frais de participation, de voyage et autres.


L'appel à communications est clos.


Les propositions de communications individuelles ne doivent pas excéder 2 pages. Elles devront identifier les auteur(e)s et leurs affiliations institutionnelles et présenter la nature de l’étude, les principaux axes d’analyse, l’approche retenue et, le cas échéant, la méthodologie. Les propositions d’ateliers, de 3 à 5 pages, devront identifier tous les participants et leur affiliation institutionnelle et fournir des renseignements sur la contribution dans son ensemble comme sur chaque communication individuelle (2-3 paragraphes pour chacune).

Les propositions doivent être envoyées par courrier électronique à Nicolas Roby, coordinateur scientifique du CRIMT (nicolas.roby@umontreal.ca). Les auteurs devront soumettre une première version de leur communication avant le 8 mai 2015. Au moment du colloque, les communications seront rendues disponibles sur un site web dédié. Certains articles seront ensuite soumis à l’évaluation par les pairs aux fins de publication dans des numéros spéciaux de revues scientifiques. 

Le Centre interuniversitaire sur la mondialisation et le travail (www.crimt.org) et ses partenaires se réjouissent à la perspective de débats riches et intéressants entre chercheurs et praticiens de toute discipline et issus de nombreux pays, y compris des économies émergentes.