Thème I: Les défis de la restructuration économique: publique et privée

À travers la recherche de flexibilité, les employeurs tentent de re-réguler le marché et les lieux de travail par la restructuration économique. Les frontières entre les organisations sont redéfinies par la sous-traitance, la privatisation, les partenariats public-privé et la fragmentation des unités de négociation. Le démantèlement des structures de négociation coordonnées au profit de petites unités décentralisées soulève de nouveaux défis, liés notamment au droit d'association et à la capacité de négocier collectivement. Quel est l’éventail des réponses que déploient les syndicats face à de telles stratégies de flexibilisation et lesquelles sont les plus susceptibles de réussir ?
Sous-thème A: Réinventer la négociation coordonnée/négociation type

Plusieurs des gains historiques enregistrés par les syndicats ont été obtenus grâce à la négociation coordonnée. La tendance actuelle dans la plupart des pays développés est à la décentralisation en de plus petites unités de négociation, voire même à la conclusion d’ententes individuelles. Les lois en matière de travail et la tendance à l’allongement de la durée des conventions collectives peuvent nuire aux possibilités d’utiliser les stratégies et les cibles de négociation coordonnée. Quelles stratégies les syndicats adoptent-ils afin d'étendre la syndicalisation et la négociation collective au-delà des milieux de travail isolés ? Comment les employeurs réagissent-ils ? Quelles sont les innovations susceptibles de conférer un pouvoir accru aux petites unités oeuvrant au sein de marchés mondialisés et, dans les secteurs les moins syndicalisés, de leur permettre d’enregistrer des gains sur le plan de la présence syndicale ?

Sous-thème B: Réponses syndicales à la sous-traitance et au partenariat public-privé (PPP)

Les employeurs tentent de plus en plus d’externaliser leurs coûts en utilisant les services d’autres entreprises qui leur fournissent les matières premières et des services périphériques à leurs activités principales. Les gouvernements et les employeurs du secteur public tentent également de privatiser leurs activités en ayant recours à la sous-traitance et aux partenariats avec le secteur privé. Quelles en sont les conséquences sur les stratégies syndicales ? Quels types de stratégies s’avèrent les plus efficaces ?

Thème II: Les syndicates et l’action politique

Les syndicats sont actifs sur la scène politique afin d'influencer les politiques publiques qui affectent leurs membres et les autres travailleurs. Pour certains, la vision syndicale traditionnelle demeure la voie à privilégier alors que d’autres considèrent qu’un besoin d’élargissement et de renouvellement du « projet syndical » est nécessaire. Certains syndicats investissent la sphère politique par le biais d’alliances avec des partis politiques, d’autres travaillent avec une vaste gamme d’organisations et de groupes communautaires. Quelle est la place de l’action politique dans les projets de renouveau syndical ?
Sous-thème A: Bâtir l’imagination syndicale: Agendas, idéologies et valeurs

Plusieurs syndicalistes croient faire face à une crise existentielle. Le syndicalisme, sous sa forme traditionnelle, est-il voué à disparaître? Quel devrait être l'agenda du mouvement syndical? Quels sont les exemples, s'il en existe, de stratégies syndicales visant à rejoindre les nouvelles générations et les nouveaux types de travailleurs? Comment faire le pont entre les perceptions du public et celles des syndicats en ce qui concerne les valeurs syndicales dominantes? Existe-t-il un agenda pour le futur?

Sous-thème B: Les syndicats et les partis politiques

Les syndicats ont-ils aujourd'hui moins de capacité d’influencer les politiques publiques, et ce, peu importe le degré d’affinité avec le gouvernement en place ? Quelles sont les avenues possibles pour influencer les politiques publiques: faire du lobbying auprès des gouvernements, tisser des liens avec les partis politiques et tenter de les faire élire, construire des alliances avec la société civile, protester dans les rues et/ou éduquer les membres au changement politique ? À la lumière des expériences récentes, quelles sont les options stratégiques ?

Thème III: L’organisation interne des syndicats et l’organisation des syndicats

Dans plusieurs pays, les notions d’organisation et de mobilisation syndicales renvoient à l’augmentation de la taille des syndicats et de la portée du mouvement syndical. Face à une baisse généralisée de la densité syndicale, les syndicats poursuivent plusieurs stratégies pour étendre leur action à des travailleurs jusqu’ici non représentés. Mais le terme « organisation » ne devrait-il pas évoquer autre chose ? De façon à rejoindre et attirer de nouveaux membres, les syndicats ne devraient-ils pas procéder à des changements significatifs, tant sur le plan de la culture de représentation qu'au plan des attitudes véhiculées par leurs membres ?
Sous-thème A: Bâtir une culture d’organisation

Les syndicats ont souvent été captifs du débat entourant le "modèle d’organisation" par opposition à celui de "service" ou qui oppose l’organisation interne à l’organisation externe. Les syndicats investissent-ils trop de temps dans le traitement quotidien des griefs et dans la négociation des conditions de travail pour les membres actuels, de sorte qu’ils n’en disposent plus suffisamment pour organiser de nouveaux membres ou pour effectuer des campagnes de sensibilisation populaire auprès de la communauté ? Est-il possible de transformer les mentalités de façons à ce que les membres du syndicat ne se considèrent plus comme des consommateurs de services, mais bien comme des participants actifs et dynamiques à la vie syndicale ? Comment évaluer les tentatives de renouveau syndical qui reposent sur l'implication des militants et des membres dans les stratégies d’organisation et de diffusion des services ?

Sous-thème B: Nouveaux travailleurs, nouvelles attentes, nouvelles méthodes ?

La composition de la main-d’oeuvre se voit transformée par l’arrivée d’une plus grande diversité de travailleurs et de travailleuses exprimant de nouveaux besoins, de nouvelles valeurs et de nouveaux buts. Longtemps privés de représentation collective, les femmes, les minorités visibles, les professionnels, les travailleurs et travailleuses autonomes et précaires sont maintenant parmi les plus ouverts à la représentation collective. Quels sont les impacts de cette diversité sur les stratégies d’organisation syndicales ? Ces groupes de travailleurs sont-ils plus susceptibles de privilégier de nouvelles formes de représentation ou de nouveaux types de syndicalisme ? Pour plusieurs, il semble que la représentation souhaitée se trouve de plus en plus à l’extérieur des mécanismes traditionnels de négociation collective, comme par exemple, dans les associations professionnelles et les coopératives. Quelles sont les réponses syndicales offertes aux défis posés par cette nouvelle diversité ?

Thème IV: Transformer la vie interne du syndicat

Avec le temps, les syndicats industriels (et autres) se sont professionnalisés. Des officiers payés à temps plein réalisent une part de plus en plus importante des "affaires" du syndicat, ne laissant que peu de travail aux membres réguliers. S'agit-il d'un modèle durable ? Les syndicats peuvent-ils à la fois défendre leurs membres (oeuvrant dans une vaste gamme de milieux de travail) et s'engager dans des efforts soutenus de recrutement ? Les syndicats font face à des défis grandissants d'auto-gouvernance et de démocratie interne. Ils doivent revoir le rôle de leurs délégués et de leurs officiers, puis harmoniser leurs pratiques aux besoins et aux valeurs de leurs nouveaux membres (jeunes, femmes, minorités).
Sous-thème A: Revitaliser la vie syndicale et la démocratie

Combien de membres ont lu, comprennent ou utilisent les dispositions de la constitution de leur syndicat ? Combien de membres assistent régulièrement aux réunions syndicales autres que celles qui concernent les enjeux de la négociation collective ? Certains syndicats explorent actuellement de nouvelles avenues afin de ramener dans leur organisation la démocratie de masse qui a marqué leur histoire. D'autres syndicats apprennent à concilier les diversités de genre, de langue, de culture et d'âge en explorant les besoins spécifiques de ces différents groupes et, ce faisant, revitalisent la vie syndicale.

Sous-thème B: Bâtir la capacité organisationnelle par l’éducation syndicale

Les syndicats sont confrontés à des défis importants sur la plan du recrutement et de la rétention des officiers et du personnel, et ce, à tous les niveaux, tant pour les fonctions rémunérées que non rémunérées. On évoque de bonnes raisons pour ne pas s'impliquer dans les activités syndicales: le travail et les exigences de carrière, les responsabilités familiales, les activités de loisir, etc. Puisque le militantisme dépend des dirigeants et du personnel des syndicats locaux, il est à propos de se questionner sur l'adéquation des compétences qu'ont développé les générations précédentes par rapport aux réalités actuelles ? Quel est le rôle de l'éducation syndicale dans le développement des dirigeants et du personnel des syndicats locaux ? Quels rôles peuvent jouer les programmes d'éducation dans les plans de succession et dans le renouvellement du leadership syndical?

Thème V: Bâtir des alliances et des coalitions

Pour plusieurs observateurs, le syndicalisme ne semble plus en mesure de mener seul le combat. La force industrielle construite à partir du monopole syndical et de la négociation coordonnée sur le plan national apparaît de plus en plus vulnérable face à la concurrence internationale. Plusieurs syndicats manifestent le désir de construire des coalitions au sein de leurs communautés et au-delà des frontières de façon à améliorer leur capacité de fournir une voix à leurs membres et aux communautés dans lesquelles ils vivent.
Sous-thème A: Bâtir une solidarité avec les communautés locales

Le syndicalisme communautaire semble être une avenue intéressante, mais à l’heure actuelle, que signifie le développement de coalitions avec les communautés ? Quelle forme devrait-il prendre ? Quels enjeux devrait-il couvrir ? Est-ce qu’il y a des leçons à tirer des syndicalistes et des militants communautaires qui se sont engagés dans de telles stratégies ?

Sous-thème B: Bâtir la solidarité internationale

L’internationalisation grandissante de la production et des services signifie que les travailleurs sont maintenant intégrés à des chaînes de production globales et qu’ils sont confrontés à l’analyse comparative et à des demandes de concession. Une idée fort répandue veut également que les travailleurs du monde soient amenés à compétitionner entre eux plutôt qu'à s’unir. Quels sont les pièges et le potentiel de l’organisation syndicale outre frontière ? Est-ce que l’expérience européenne, au sein d’un cadre institutionnel commun, offre un modèle de solidarité et des cibles communes ? La solidarité est-elle possible entre syndicats du Nord et du Sud qui ne partagent pas les mêmes préoccupations ? Quelles sont les leçons à tirer des expériences antérieures et quelles devraient être les priorités pour le futur ?